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ARCHÉOLOGIE DE L'ARCTIQUE

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ARCHÉOLOGIE DE L'ARCTIQUE

Message par cpqt le Lun 07 Mar 2016, 22:42

Paléoesquimau et Néoesquimau
Les termes « Paléoesquimau (Paleo-Eskimo) » et « Néoesquimau (Neo-Eskimo) » ont été introduits par Steensby il y a près d’un siècle pour aborder la question de l’origine des Inuits selon une stratification particulière. Steensby définissait alors les Paléoesquimaux comme un groupe amérindien originaire des Barren Grounds (région centrale du Sub-Arctique canadien) qui se serait progressivement adapté à la côte arctique dans la région du golfe Coronation. Ce groupe aurait ensuite migré vers l’est, jusqu’au Groenland, et vers l’ouest, jusqu’en Alaska. Arrivés dans l’Ouest, les Paléoesquimaux auraient été influencés par des groupes asiatiques et se seraient transformés en Néoesquimaux, principalement orientés vers les ressources côtières. Le choix des préfixes « Paléo » et « Néo » est calqué sur l’utilisation des termes Paléolithique (Âge de la pierre taillée) et Néolithique (Âge de la pierre polie) dans la préhistoire d’Europe.

Aujourd’hui, le Paléoesquimau regroupe un ensemble de cultures anciennes de l’Arctique de l’Est : Prédorsétien, Saqqaq, Independence I, Independence II, Groswater et Dorsétien. Ces cultures précèdent le Néoesquimau qui, lui, ne vise qu’une seule culture, le Thuléen et leurs descendants immédiats, les Inuits. La théorie généralement acceptée est celle du peuplement initial de l’Arctique par les Paléoesquimaux qui se sont développés dans la région de la Sibérie orientale et sur les côtes de l’Alaska avant de migrer d’ouest en est dans l’Arctique, de l’Alaska jusqu’au Groenland vers 4500 ans avant aujourd’hui (AA). Les Néoesquimaux se seraient aussi développés dans ces mêmes régions côtières avant de migrer vers l’est de l’Arctique, il y a un peu moins de mille ans, remplaçant les populations paléoesquimaudes. Les implications de ce remplacement font l’objet depuis plusieurs années d’un débat vigoureux entre archéologues. Certains croient que les Thuléens ont vécu en parallèle avec les Dorsétiens assimilant éventuellement cette population ; d’autres croient, au contraire, que les deux groupes ne se sont jamais rencontrés, les Dorsétiens ayant disparu du territoire plusieurs décennies avant l’arrivée des Thuléens. De toute évidence, ce débat va se poursuivre !. Le Néoesquimau est considéré par les archéologues comme une culture en parfaite continuité avec les Inuits qui peuplent aujourd’hui l’Arctique, de l’Alaska au Groenland.

Le Paléoesquimau se subdivise en Paléoesquimau ancien et Paléoesquimau récent. Le Paléoesquimau ancien inclut dans l’Arctique de l’Est les cultures archéologiques suivantes : Prédorsétien, Saqqaq, Independence I, Independence II et Groswater et le Dorsétien ancien qui, au Nunavik à tout le moins, correspond à la fin de l’occupation paléoesquimaude ancienne (i.e., l’équivalent du Groswater labradorien ou des sites Independence II dans le Haut Arctique). Dans l’Ouest, la culture Denbigh est plus ou moins contemporaine du Paléoesquimau ancien. Ces groupes sont assurément liés, mais la filiation avec l’Alaska est, pour l’instant, difficile à établir avec précision. On assume depuis longtemps que les Paléoesquimaux anciens proviennent de l’Alaska et que le Denbigh est l’un des ancêtres présumés. Quant à lui, le Paléoesquimau récent ne comprend qu’une seule manifestation culturelle : le Dorsétien. Par ailleurs, les liens entre cette dernière culture et les précédentes sont à redéfinir dans plusieurs régions de l’Arctique de l’Est. L’hypothèse conventionnelle voulant que les Dorsétiens soient issus directement des populations anciennes du Paléoesquimau n’est plus nécessairement exacte.

D’après l’archéologie, les Paléoesquimaux anciens et récents se caractérisent par une technologie incluant principalement la taille des roches dures (chert, quartz, quartzite et autres) transformées en pointes de projectiles et différents outils de rainurage ou de découpe. Ils se caractérisent aussi par le travail des matériaux organiques, tels l’ivoire, l’os et le bois, transformés en manches d’outils ou de projectiles, en têtes de harpon, ou en petits outils comme des aiguilles. Outre les outils, le travail des matières organiques visait aussi à fabriquer, surtout pendant le Dorsétien, des objets représentant des figures humaines ou animales caractérisées, entre autres, par des motifs à rayon X (i.e., qui reproduit le squelette du sujet à la surface de l’objet) et dont la fonction inconnue est souvent présumée d’origine chamanique. Les Paléoesquimaux anciens ont aussi produits des objets dits chamaniques, mais jamais à l’échelle dorsétienne alors que cette forme d’expression atteint son apogée.



Leur subsistance principale est passée des mammifères terrestres au Paléoesquimau ancien (comme le caribou dans les régions sud et le bœuf musqué dans les régions nord) vers une exploitation essentiellement axée sur les ressources marines au Paléoesquimau récent. Ces préférences alimentaires ne signifient pas pour autant qu’ils n’acceptaient pas de capturer d’autres catégories d’animaux lorsque ceux-ci étaient disponibles.

Pour se déplacer, les Paléoesquimaux anciens possédaient des embarcations similaires au kayak, et la présence de restes de chiens sur certains sites laisse supposer qu’ils pouvaient utiliser ceux-ci pour le transport hivernal. On présume souvent qu’au Paléoesquimau récent les Dorsétiens ont abandonné tous les moyens de transport usuels sans les remplacer par quelque nouveau mode. Malgré cette position traditionnelle en archéologie arctique, il y a lieu de se demander si la présence de pièces de petits traîneaux sur des sites dorsétiens ne vient pas contredire partiellement cette hypothèse. (texte : P. M. Desrosiers et Daniel Gendron)

La Tradition microlithique de l’Arctique

La théorie de la Tradition microlithique de l’Arctique a été proposée à la fin des années 1950. Auparavant, seul le Dorsétien avait été reconnu comme culture plus ancienne que le Thuléen. La découverte de burin taillé de l’Alaska jusqu’au Groenland, en même temps que le développement des méthodes radiométriques, a permis aux archéologues de définir progressivement l’existence de différentes cultures plus anciennes que le Dorsétien, notamment le Prédorsétien, le Saqqaq, l’Independence, le Denbigh (Alaska) et le Groswater. Ces cultures, qui comportent des outils, comme le burin taillé, seraient désormais regroupées ensembles sous l’appellation de Tradition microlithique de l’Arctique. Toutefois, en raison des données recueillies ces dernières années tant dans l’Arctique de l’Est que dans l’Ouest, il convient d’évaluer la pertinence de cette soi-disant tradition ou à tout le moins de mettre à jour sa définition (texte : P. M. Desrosiers et Daniel Gendron)

Le Prédorsétien

Le terme Prédorsétien a été utilisé pour la première fois par Henry Collins en 1954 pour désigner toutes les cultures ayant précédé le Dorsétien dans l’Arctique de l’Est. Aujourd’hui le Prédorsétien désigne à la fois la culture ayant précédé le Dorsétien principalement dans le Bas-Arctique au Nunavut, au Nunavik et au Labrador et est utilisé aussi de façon générique pour englober toutes les manifestations anciennes de l’Arctique de l’Est (Independence dans l’extrême nord, Saqqaq au centre-ouest du Groenland). Au Nunavik, il couvre une période s’échelonnant de 3800 AA à 2500 AA. Ailleurs dans l’Arctique de l’Est le début de cette période peut remonter jusqu’à 4500 ans.

Les chercheurs ne s’entendent pas tous sur la définition des subdivisions du Prédorsétien. Gendron et Pinard (2000) ont suggéré de subdiviser le Prédorsétien au Nunavik en Prédorsétien ancien, moyen, récent et terminal.

Le Prédorsétien se caractérise par un outillage microlithique soigné incluant des burins, des petites pointes finement façonnées, des perçoirs, des lames latérales semi-circulaires façonnées, des racloirs et des microlames retouchées.

Les structures d’habitation associées à cette période sont souvent de formes bilobées et incluent des aménagements axiaux. Les Prédorsétiens ont aussi exploité les champs de blocs pour construire des maisons semi-souterraines. Certains de ces sites peuvent comporter plus de 200 de ces structures.

Au Nunavik, les Prédorsétiens chassaient surtout le caribou et d’autres espèces terrestres, mais aussi certains mammifères marins, et pêchaient probablement des poissons et cueillaient différentes espèces végétales. (texte : P. M. Desrosiers et Daniel Gendron)

Le Dorsétien

L’expression « Cape Dorset Culture » a été utilisée pour la première fois par Jenness en 1925. Après l’étude de collections mélangées provenant principalement du détroit d’Hudson, dont Cape Dorset sur l’île de Baffin, Jenness concluait à l’existence d’une culture plus ancienne que la culture thuléenne. Cela sera longtemps contesté par certains chercheurs, même si l’ancienneté des cultures arctiques avait déjà été reconnue au Groenland au début du XIXe siècle.

Aujourd’hui, nous utilisons le terme Dorsétien pour désigner une culture qui, selon l’hypothèse commune mais contestée de nos jours, se serait développée quelque part dans le bassin de Fox, issue du développement in situ de la culture prédorsétienne. Cette culture est surtout présente dans le Bas-Arctique au Nunavut, au Nunavik, au Labrador et à Terre-Neuve.

Dans les années 1950, les archéologues ont proposé l’existence d’un Proto-Dorsétien, qui sera ensuite appelé Dorsétien ancien, sur la base de l’étude de sites dans la région d’Igloolik, de l’île Southampton et du site de Tayara à Salluit. Les phases moyenne, récente et terminale seront ensuite ajoutées aux subdivisions du Dorsétien. Au Nunavik, le Dorsétien ancien qui correspond chronologiquement au Dorsétien moyen, marque le début de l’ère paléoesquimaude récente (Desrosiers, et al. 2006). Afin d’éviter la confusion des termes, nous parlons maintenant du Dorsétien classique. Par ailleurs, le concept de Dorsétien ancien, qui était encore en usage au Nunavik il n’y a pas très longtemps pour désigner certains sites d’apparence plus ancienne, est maintenant considéré plutôt comme le dernier représentant de la période paléoesquimaude ancienne.

Le Dorsétien se caractérise par un outillage majoritairement microlithique et l’utilisation de matières premières diversifiées transformées par la taille, l’abrasion et le rainurage. Cet outillage inclus des pointes triangulaires à base droite ou concave, des pseudo-burins, des grattoirs, des racloirs semi-circulaires, des herminettes, des microlames à soie et différents types de pointes et de lames en schiste. La bonne préservation de certains sites dorsétiens a aussi permis de connaître l’industrie des matières organiques (os, andouiller, ivoire et bois) ainsi que les différents aspects des représentations figuratives dorsétiennes. Celles-ci sont souvent caractérisées par des figurines animalières, humaines ou représentant parfois un mélange homme-animal, fréquemment décorées de motifs à rayon X. Parmi les outils en matière organique se trouvent des têtes de harpon, des pointes à barbelures, des couteaux à neige, des patins de traîneau, des crampons à neige et bien d’autres objets. Les habitations dorsétiennes sont surtout de petites structures attestant d’un emplacement de tente qui inclut le plus souvent des aménagements axiaux, mais on trouve aussi des structures creusées, probablement des habitations d’hiver, ainsi que des structures apparentées à celles des maisons longues. En général, ces dernières sont associées à des périodes de rencontres pendant lesquelles des familles dorsétiennes vivaient durant un certain temps sous un même toit.

Au Nunavik, les Dorsétiens chassaient les mammifères marins, sauf les grandes baleines, les petits mammifères terrestres ainsi que le caribou et des oiseaux migrateurs ; ils pêchaient des poissons et cueillaient différentes espèces végétales.

Enfin, certaines légendes inuites évoquent les Tuniit, qui auraient précédé l’arrivée des Inuits dans l’Arctique. Il est probable que cette tradition orale relate la rencontre entre les Thuléens et les Dorsétiens, il y a plus de 700 ans au Nunavik.



Le Thuléen

Les chercheurs danois sont les premiers à avoir étudié et défini cette culture à l’occasion d’une importante expédition scientifique dans les années 1920. Cette expédition, « The Fifth Thule Expedition », a traversé durant plusieurs années l’Arctique du Groenland à l’Alaska. Le nom Thule origine de la région qui porte le même nom dans le nord du Groenland, où les recherches ont débuté.

Le Thuléen est une culture archéologique liée aux ancêtres directs des Inuit actuels. La culture thuléenne est présente dans presque toutes les régions de l’Arctique nord-américain et groenlandais. Les Thuléens sont arrivés au Nunavik il y a environ 700 ou 800 ans avant aujourd’hui, amenant avec eux une nouvelle technologie très différente de celle des Dorsétiens. Les archéologues désignent habituellement la culture thuléenne jusqu’à la période de contact avec les Européens. Bien que cela serve aujourd’hui à différencier la culture archéologique et décrite par les traditions orales, de la culture historique (documentée par écrit), il est aussi juste de parler de la culture inuite pour désigner la culture thuléenne.

La culture thuléenne se caractérise par un outillage plus volumineux que le paléoesquimau. Des pierres tendres comme le schiste ainsi que parfois des pierres dures ont été taillées, rainurées et abrasées de manière à produire différents outils dont des pointes pour les têtes de harpons, des lame semi-circulaires pour le couteau des femmes (ulu) ou d’autres lames pointues pour les couteaux des hommes (savituinnaq). La technologie des thuléens est très diversifiée et ingénieuse autant pour les matières lithiques qu’organiques. Pour se déplacer les thuléens possédaient de grandes embarcations, l’umiak, et des traineaux à chiens. Comme habitation c’est surtout les structures semi-souterraines avec tunnel d’entrée qui ont attirées l’attention des premiers archéologues de l’Arctique. Une des principales caractéristiques des thuléens est leur capacité de chasser les grandes baleines, même si leur subsistance était aussi orientée sur les plus petits mammifères marins et terrestres ainsi que les oiseaux migrateurs, sans oublier la pêche avec hameçon, filet ou fouëne, la collectes des œufs de différentes espèces et celle des petits fruits, des plantes médicinales ainsi que des fruits de mer (moule, crabe et autres).

Thuléens/Inuits du Groenland

De toutes les îles du monde, le Groenland ou Kalaallit Nunaat, est la plus grande. Avec une superficie de deux millions cent soixante-quinze mille six cents kilomètres carrés, il fait quatre fois la France. Quatre-vingt pour cent du Groenland sont recouverts de L'Inlandsis, une calotte glacière pouvant atteindre 3 km d'épaisseur.

Les grandes migrations :

L'histoire du Groenland est marquée par une succession de flux migratoires entraînant la colonisation de ce vaste territoire par différents peuples. Les fouilles archéologiques font remonter les premières traces d'occupation humaines aux environs de 2500 ans avant J.-C. Plusieurs vagues migratoires se succèdent. La plus ancienne est la culture Saqqaq que l'on a longtemps cru d'origine amérindienne. Or, de récentes analyses génétiques ont montré que leurs ancêtres étaient des Tchouktches provenant de la péninsule située à l'extrême est de la Russie. Leur présence est attestée dans l'ouest et le sud-est du Groenland. Des traces de camps de chasse montrent le rôle prépondérant du caribou et des petits mammifères dans la culture Saqqaq, néanmoins, toutes les ressources disponibles étaient utilisées. Les fouilles archéologiques révèlent une grande diversité d'habitations, de la maison semi-souterraine jusqu'à la simple tente. Ils disparurent vers - 800.

Après la disparition de la culture Saqqaq, les Dorsétiens commencèrent à coloniser le Groenland vers -800 pour l'occuper entièrement jusqu'en 300. Plusieurs hypothèses expliquent la disparition des Dorsétiens: une famine causée par le réchauffement climatique du 11e siècle, leur extermination par les Thuléens ou bien leur assimilation totale avec ceux-ci et enfin l'arrivée des Norrois apportant de nouvelles maladies contre lesquelles les Dorsétiens n'étaient pas prémunis.

C'est vers 1250 que les Inuits arrivèrent au Groenland par le détroit de Smith avant de descendre le long des côtes. Ils développèrent la culture de Thulé. Leur civilisation repose sur des techniques particulières de chasse du phoque, du morse, de la baleine et du caribou. A l'origine grands chasseurs de baleines, les Inuits sont devenus des chasseurs plus polyvalents au cours de leurs migrations. La baleine resta cependant la source principale de nourriture et de combustible, permettant une sédentarisation et une augmentation considérable des populations. Les "Thulés" imposent leur culture dans tout l'Arctique et sont les ancêtres directs des inuits d'aujourd'hui.



Thuléens/Inuits du Canada

http://archive.org/details/CarnetDuNunavik

C’est au cours du 12e siècle de notre ère que les groupes Thuléens/Inuits se sont répandus peu à peu dans l’Arctique de l’est, notamment au Groenland, sur l’île Ellesmere, puis finalement au Nunavik et au Labrador. Les Thuléens/Inuits du Canada se divisent géographiquement ainsi :   Inuvialuit   (l’ouest canadien) le Nunavut (Territoires du Nord-Ouest), le Nunavik (Nord du Québec), le Nunatsiavut (Le Labrador). De plus au Nunavik, les Nunavimmiuts se subdivisent à nouveau (identités locales) entre Itivimiut (Ungava) et Tarramiut (Baie d’Hudson). Le livre intitulé The Inuit way, a guide to Inuit culture (Pauktuutit Inuit Women of Canada, 2006) donne un aperçu intéressant de ce que devait être le mode de vie des Inuits avant et au moment des premiers contacts avec les Européens. Selon ce livre, les Inuits vivaient en petits groupes familiaux, autonomes et nomades, dont la survie et la satisfaction des besoins matériels dépendaient de la chasse, de la pêche et de la cueillette. Pour survivre dans leur environnement, ils ont dû inventer des technologies uniques telles que l’igloo, le kayak, l’ulu (couteau utilisé par les femmes), le qulliq (lampe en stéatite), les vêtements de fourrure et les harpons à tête détachable. Entièrement autosuffisants, les Inuits migraient d’un endroit à l’autre en fonction des variations environnementales et des cycles annuels de disponibilité des mammifères terrestres et marins. Ils se déplaçaient partout sur le territoire arctique. La mobilité caractérisait leur mode de vie. Avant la venue des Européens, les Inuits étaient maîtres des lieux. Les ancêtres des Inuits, dont la culture s'apparente à celle des Inuppiats (nord de l'Alaska), des Katladlits (Groenland) et des Yuits (Sibérie et ouest de l'Alaska), arrivent 1050 ans avant notre ère.



ACCULTURATION
Depuis la création du puissant triumvirat constitué par la Gendarmerie royale du Canada, l’Église, et la Compagnie de la baie d’Hudson, les Inuits ont perdu la maîtrise de leur vie. Comme c’était le cas pour tous les commerçants de fourrures de l’époque, y compris les missionnaires, tous avaient une compréhension très limitée de la complexité et de l’intégrité de la culture des chasseurs autochtones ou de la fragilité de l’économie qui contribuait à leur subsistance. Or, nous savons maintenant que les adaptations et les compromis faits par les peuples autochtones de l’ensemble de l’Amérique du Nord en réponse aux demandes et aux tentations introduites par les commerçants européens et les missionnaires ont eu de profondes conséquences sur leurs moyens de subsistance, leur économie, leur organisation sociale, leur santé, leur vie spirituelle et leur indépendance. La plupart ne vit rien de tout cela. À l’instar de leurs contemporains, ils étaient au contraire persuadé que la traite des fourrures avait un effet civilisateur sur les peuples autochtones : pratiquer la traite avec la CBH mettait les Inuits et les Naskapis en contact avec le monde extérieur et, grâce au commerce, leur vie était meilleure, enrichie et facilitée par l’accès régulier à des biens européens. L'épuisement rapide du territoire de chasse et pêche suite au commerce exponentiel des ressources encouragé par les postes de traite, le passage rapide d’une économie de subsistance solidaire à une économie de marché ont contraint ceux-ci à commercialiser leur artisanat et à dépendre de l'assistance directe du gouvernement canadien.  

Cette déstructuration rapide visible par l’éclatement des familles s’inscrit par une perte de contrôle générale : perte de contrôle des territoires de chasse et pêche, perte du lieu de résidence suite à des relocalisations de familles, perte de l’éducation des enfants, perte de la gouvernance des communautés gérées dans les années 1940 par des agents fédéraux et perte de contrôle sur leur vie avec l’assistanat des allocations sociales et de retraites. Le passage du nomadisme à la sédentarisation vue l'obligation de la fréquentation scolaire de septembre à juin pour les enfants est des facteurs déterminants et décisifs dans l'acculturation des communautés inuites.
L’un de ces facteurs déterminants est sans contredit le remplacement des chiens de traîneaux par la moto-neige. Les chiens étaient principalement nourris avec de la viande phoque reconnue pour ses qualités énergétiques, nettement supérieur à celles du caribou encore plus du poisson. Les chiens disparus, les chasseurs abandonnèrent graduellement leurs nombres de randonnées consacrées à la chasse au phoque au même rythme, parallèlement  à la diminution des besoins puisque de plus en plus, le poulet frit, les hot-dogs, pizzas et croustilles pré-assaisonnés sont au goût du jour. La non-transmission du savoir-faire ancestrale, la perte des coutumes traditionnelles, l’utilisation exclusive des médias anglophones ont entraîné des problèmes sérieux d’identité personnelle et collective dont un immense fossé des générations. Une nouvelle génération de parents est subitement déconnectée des compétences parentales  requises pour élever des enfants dans cadre communautaire. Auparavant, la solidarité communautaire établissait les règles d’une société de partage. De nos jours, de nouvelles pratiques voient le jour : le poker et le bingo. À la faveur d’une carte de jeu ou d’un coup de dés, les postes de télévision, la vidéo, les machines à laver, les réfrigérateurs, les motoneiges changent de propriétaires. Cette perte du rôle parental positif des aînés comme modèle familiale à suivre perpétue un cycle de d’appauvrissement identitaire qui se répercute par l’augmentation de la violence vis-à-vis les femmes, le vandalisme, l’abus d’alcool, de drogues ou autres moyens d’autodestruction. Cela s’est traduit par l’implantation de l’appareil policier et judiciaire des Blancs en plus du système d’incarcération. C’est ainsi, de façon brutale, que les Inuits et les Amérindiens sont entrés dans la modernité.

ARCHÉOLOGIE

Traditionnellement, les Inuits vivent le long des côtes; il n’est donc pas surprenant que la majorité des sites archéologiques inuits, thuléens et paléoesquimaux se trouvent à proximité de la mer. Toutefois, quelques sites ont aussi été recensés à l’intérieur des terres, probablement en raison des déplacements saisonniers, dans le but d’acquérir des matières premières, pour la chasse au caribou ou pour le piégeage. Ainsi, deux sites inuits ont été recensés sur les rives de la rivière George : un près de son embouchure et un autre sur l’île Ford. Les rares sites d’art rupestre découverts dans l’Arctique canadien sont tous situés dans la région de Kangirsujuaq, sur l’île de Qikirtaaluk au Nunavik. On y retrouve des pétroglyphes représentant exclusivement des visages vus de face, avec des traits humains, animaux ou hybrides. Ces représentations sont attribuées à la culture du Dorset, qui a habité l’Arctique entre 500 av. J.-C. et 1500 apr. J.-C. Les visages que l’on retrouve sur les sites d’art rupestre ressemblent d’ailleurs à des masques sculptés par les Dorsétiens. Parmi les sites répertoriés jusqu’à ce jour, le plus important est sans conteste celui de Qajartalik, situé près du village de Kangirsujuaq au nord-est de l’île. On y retrouve plus de 170 visages qui ont été gravés dans un affleurement de pierre à savon (stéatite) il y a environ 1500 ans. La plupart des visages sont symétriques. Certains d’entre eux ont des traits félins et des cornes. Ces représentations avaient probablement une connotation spirituelle pour les Dorsétiens. Malheureusement, les pétroglyphes de Qajartalik ont été victimes de vandalisme à différentes reprises.

Fouilles archéologiques au Nunavut : http://www.taloyoaknunavut.ca/html/french/survey/sites.html

Les sites archéologiques d’origine amérindienne identifiés se trouvent sur les rivages de la rivière George et de ses affluents. Il s’agit de sites amérindiens historiques (naskapis) et préhistoriques (naskapis et archaïques). Parmi ceux-ci, le Mushuau Nipi, ou lac de la Hutte Sauvage, est considéré comme un site d’importance majeure de la préhistoire amérindienne nordique. Les sites importants :* Les monts Torngat renferment plusieurs sites archéologiques. * Site archéologique non loin du village de Kangirsuq où se trouvent les fondations d’une longue maison qui seraient les vestiges de Vikings qui auraient vraisemblablement séjourné dans la région du XIe siècle. * Le parc national de Tursujuq : Les recherches archéologiques ont permis de mettre à jour plus de 58 sites d’occupation majoritairement inuites, seuls quatre de ces sites sont cris et un laisse à voir les ruines d’un ancien poste de traite. * Inukjuak situé sur la rive nord de la rivière Innuksuac est reconnue pour ses nombreux sites archéologiques. * Des recherches archéologiques permettent de dater à près de 3 000 ans l’arrivée sur le site d’Ivujivik d’Inuits provenant de l’île de Baffin. * Kuujjuarapik, des recherches archéologiques situeraient entre 600 et 800 ans l’âge des vestiges d’occupation humaine des lieux. * Quaqtaq, occupé, selon des fouilles archéologiques récentes, par divers peuples depuis 3500 ans. * Des objets trouvés sur l’île Qikirtaq lors de fouilles archéologiques sur trois sites (Keataina, Tyara, Toonoo) attestent que le peuple Dorset occupait la région de 800 avant J.C. à 1000 de notre ère. Le masque miniature de Sugluk, sculpture d’ivoire de 2cm trouvé au site de Tyara, daterait de 400 ans avant J.C.





AVATAQ (institut culturel)
Fondé en 1981 cet organisme est chargé de protéger, promouvoir et revitaliser la langue inuktitute et la culture inuite. Il mène de front plusieurs actions concernant la toponymie, la généalogie, l’archéologie, la muséologie ainsi que la documentation historique et l’archivage des récits traditionnels afin de renforcer les sentiments d’appartenance collective. À CONSULTER
http://www.avataq.qc.ca/fr/L-institut/Departements/Archeologie

LES AUTRES PEUPLES DU GRAND NORD

L'Eurasie, terre des premiers peuplements arctiques  

L'origine lointaine - remontant à plus de 30 000 ans - des Sibériens de l'Est et des Amérindiens se situe probablement en Asie orientale. On en retrouve des vestiges au sud de la Sibérie, aux frontières de la Chine et de la Mongolie, autour du lac Baïkal et des hautes vallées de l'Ob, de l'Angara et du Ienisseï.

Après la dernière glaciation (-18 000 ans), les Sibériens préhistoriques atteignent les régions boréales en suivant le cours des grands fleuves, à la fois voies de communication et source de nourriture, des steppes à l'Océan Glacial Arctique. À partir de 14 000 ans BP, l'occupation de la Sibérie par les populations préhistoriques s'étend à toute l'Asie arctique, jusque dans la péninsule du Kamtchatka, dans l'Extrême-Orient du continent (Ushki). Les outils découverts ont permis aux archéologues de définir une "culture" particulière : la Tradition Paléoarctique Sibérienne. On en retrouve les traces des côtes du Japon (Hokkaido) à l'Amérique du Nord.

Vers les Ve et IVe millénaires, la végétation devient plus "accueillante". Les Sibériens se déplacent toujours plus vers le Nord, chassant, cueillant, pêchant, améliorant leurs techniques (arcs, hameçons, barques, traîneaux, skis...). Des rites apparaissent, comme en témoignent les scènes dessinées sur les parois rocheuses, puis l'agriculture et l'élevage : autour de l'Oural, de l'Ob (IVe et IIIe millénaires), mais aussi au Kamtchatka et aux Kouriles. De meilleures conditions écologiques permettent à l'homme préhistorique de rester plus longtemps sur place ; le nomadisme saisonnier remplace peu à peu les longues migrations.



Les Sibériens : "Petits Peuples du Nord"

Aléoutes, Dolganes, Énètses, Évènes, Tchouktches, Nénètses, Koriaks, etc. : de nombreux "petits peuples", minoritaires, vivent en Sibérie arctique et dans l'Extrême-Orient russe. Cela représentait, en 1989, environ 180 000 personnes. Les Yakoutes, eux, forment une entité distincte de plus de 380 000 personnes, au sein de la république de Sakha (ex-Iakoutie).
Actuellement, les linguistes reconnaissent chez les peuples sibériens 3 grands groupes d'origine différente : les ouraliens (à l'ouest, de part et d'autre de l'Oural, dont la langue originelle remonterait au IVe millénaire), les altaïques (au sud et au centre, de part et d'autre de la Léna) et les paléo-asiates (au nord-est de l'Extrême-Orient), dont le nom ambigu laisse penser que ce groupe s'est installé là depuis plus longtemps que les autres, ce qui n'est pas le cas.

Il est également commun de les regrouper, d'après leurs langues, sous les termes plus détaillés de : finno-ougriens - dont font partie aussi bien les Hongrois que les Lapons - et samoyèdes pour les ouraliens ; toungouso-mandchous et turco-mongols pour les altaïques ; et enfin eskimo-aléoutes et youkaguir-tchouvantses pour les paléo-asiates.
Par ordre alphabétique, voici le nom des populations actuelles les plus proches des rivages de l'Arctique, leur localisation et leur importance (recensement 1989) :

Les Bouriates, dont la population s'élève actuellement à 436 000, sont le plus important groupe ethnique minoritaire de Sibérie où ils sont principalement concentrés dans leur région d'origine, la République de Bouriatie. Les Bouriates sont une ethnie mongole ; ils partagent beaucoup de points communs avec leurs cousins, notamment l'élevage nomade et la yourte comme habitat traditionnel. Aujourd'hui, la majorité des Bouriates vivent à et autour de Oulan-Oude, la capitale de la république, bien qu'ils soient encore nombreux à vivre plus traditionnellement dans la steppe. Leur langue est la langue bouriate.

Le terme Buriyat est mentionné pour la première fois dans des écrits mongols de 1240. L'identité des tribus et des groupes a été consolidée sous les conditions de l'État russe. En plus des authentiques tribus bouriates-mongoles (Bugalat, Khora, Ekhirit, Khongodor) qui ont fusionné avec les Bouriates, ils ont aussi assimilé d'autres groupes, comme des Oïrotes, des Mongols Khalkha, des Toungouses (Evenks) et autres. Le territoire fut annexé avec son peuple par la Russie à travers deux traités en 1689 et en 1728, quand les territoires des deux côtés du Lac Baïkal furent séparés de la Mongolie. Du milieu du XVIIe siècle jusqu'au début du XXe siècle, la population bouriate est passée de 27 700 à 300 000.

La république de Bouriatie est un état démocratique de droit qui fait partie de la Russie et notamment du district fédéral sibérien. Le capital de la république est Oulan-Oudé. La population de la Bouriatie est d'environ 960 000 habitants. Plus de 100 nationalités différentes peuplent la république fédérale de Russie dont les Bouriates ne représentent que 28 %. Le président de la république fédérale de Russie est aussi le chef de l'état de la Bouratie. Outre le Président c'est le Khoural national (organe législatif de la Bouriatie), ainsi que le gouvernement et la cours de justice qui représentent les pouvoirs publics. Le Khoural national fonctionne comme le parlement de la république. La Bouriatie possède grandes 6 villes, 29 cités urbanisées et 614 cités rurales.

Du 5ème sciècle avant J.-C. jusqu’au 4ème sciècle de notre ère, le territoire de la Bouriatie contemporaine a été peuplé par des tribus portant le nom de Xiongnu (1). A la fin du 12ème siècle jusqu'au début du 13ème la Transbaïkalie s’est trouvée au centre d'événements d’une importance mondiale, à savoir l’unification des tribues mongoles et la création de  l'état  "Mongolie". Le rôle-clés concernant l’unification des Mongols appartient à Temüdjin qui reçu par la suite le titre de Gengis Khan. C'est au 13ème sciècle que la Transbaïkalie est devenue une partie de l’Empire Mongol, qui le siècle suivant s’est séparé en 3 états. La Bouriatie devient donc une partie de la Khalkha-Mongolie. A cette époque le territoire était peuplé par de nombreux groupes de Mongols isolés, des tribues d’origines turque et toungouze.

Au début du 17 sciècle les Russes rendent exploitable le territoire de la Bouriatie et y  fondent des Ostrogs (2) : de Bargouzine, de Nertchinsk et autres. En 1689  le traité de Nertchinsk entre la Russie et l’Empire de la Mandchourie  est signé. Il concerne l’établissement des frontières entre la Russie et la Chine. En 1703 Pierre 1er signe le traité selon lequel le territoire de la Bouriatie contemporaine fait partie de la Russie et en 1727 l’établissement de la frontière russo-chinoise contribue à la formation de la nationalité bouriate.

C'est en Février 1918 que s'établi le pouvoir des Soviets en Bouratie. Cependant, durant l'été 1918 ce pouvoir est jeté bas. C’est l’Ataman Semionov qui établit un régime caporalistique en Transbaïkalie à l’aide de l’armée japonaise. En août 1918 la Bouriatie est occupée par des troupes japonaises, et en avril 1919 par l’armée des Etats-Unis.

Le 2 mars 1920 l’Armée Rouge libére Verkhneoudinsk. Après cet événement la Bouriatie Occidentale  devient une partie de la République socialiste fédérative soviétique de Russie (la RSFS de Russie) tandis que la Bouriatie Orientale s'enrégimente dans la République de l’Extrême Orient dont la capitale devient Verkhneoudinsk pour la période d’Avril à Octobre 1920.

En 1921 est créée la Région autonome de Bouriatie et de Mongolie faisant partie de la République de l’Extrême Orient. Le 7 juillet 1958 selon l’ordre du Président du Soviet suprême de la RSFS de Russie, la Région reçoit une autre dénomination : celle de la république autonome soviétique socialiste de Bouriatie. A partir de 1922 la Bouriatie est une république souveraine faisant partie de la Fédération de Russie.

Les Bouriates sont, d’après les statistiques fédérales russes, le groupe ethnique le plus important en nombre de Sibérie. Ils sont l’ethnie majoritaire de la république de Bouriatie, un sujet fédéral de Russie, avant les Russes eux-même, ce qui est inhabituel : la plupart des sujets fédéraux du pays sensé être peuplé de peuples indigènes sont en fait peuplé en majorité de Russe, ou dans une bonne proportion.

Les Dolganes (groupe turco-mongol) : 6 945 personnes, en République de Yakoutie-Sakha et dans l'okroug ("arrondissement" autonome) Dolgano-Nénètse de Taïmyr (capitale Doudinka).Ils sont issus d'un métissage entre les populations toungouse, yakoute, samoyède et russe; ils se disent eux-mêmes orthodoxes - au moins jusqu'à l'avènement du communisme.

Les Énètses (groupe samoyède) : 209 personnes (c'est-à-dire en voie de disparition), dans les okroug autonomes Dolgano-Nénètse de Taïmyr et des Évenkes (capitale Toura).

Les Évènes (groupe Toungouso-mantchou) : 17 199 personnes, en Yakoutie du Nord, au bord de la mer d'Okhotsk, au Kamtchatka et en Tchoukotka. Les Evènes ou Lamoutes forment un peuple qui est présent en République de Sakha (ou Iakoutie), dans l’Oblast de Magadan, dans le district autonome de Tchoutkotka, au Kamtchatka et dans la région d’Okhotsk (Kraï de Khabarovsk). Ils se répartissaient en deux catégories :
les Evènes des zones continentales : éleveurs de rennes broutant dans des pâturages espacés les uns des autres d’une dizaine de kilomètres. En plus d’être la base de leur alimentation, les rennes servaient de monture et de bêtes de somme aux Evènes. Ils chassaient (rennes sauvages, mouflon des neiges, bêtes à fourrure) et pêchaient. Les Evènes des zones côtières : ils se déplaçaient au printemps de la taïga continentale aux rives de la mer d’Okhotsk et inversement en automne, pratiquaient la pêche côtière, la chasse ainsi que l’élevage de chiens de traîneaux. De part leur culture, les Evènes sont proches des Evenks. Deux types d’habitations existaient chez les Evènes : une de type Evenk, appelée tchoum, une de type tchouktcho-koriak, la yarangua.

Les Évenks, aussi connus sous le nom de Toungouses, sont le peuple de Sibérie le plus éparpillé et le plus diversifié. Installés en petits groupes sur un immense territoire s’étendant du fleuve Iénisséï jusqu’à la mer d’Okhotsk, des bords de l’océan Arctique jusqu’au fleuve Amour et à l’île de Sakhaline, ils ont emprunté divers éléments culturels aux peuples voisins. Si la majorité des Évenks sont chasseurs et éleveurs de rennes, certains groupes régionaux sont constitués d’éleveurs de chevaux ou de bovins, d’autres encore se sont mis, au contact des Russes, à l’agriculture. Néanmoins comme en témoignent plusieurs monographies (S.M. Shirokogoroff, 1929, 1935 ; G.M. Vasilevič 1969 ; A.F. Anisimov, 1958 ; etc.), les Évenks conservent tous une grande propension aux déplacements fréquents et un talent pour la chasse reconnu par leurs voisins. Aujourd’hui, c’est le groupe régional évenk du Sud-Est sibérien, portant l’auto-ethnonyme oročon (« gens du renne »), qui semble avoir le mieux conservé le mode de subsistance et le système de représentation traditionnel, groupe évenk sur lequel est centrée cette étude.

C’est en effet entre le XVIIe et le XIXe siècles, selon les régions, que les Russes s’installent sur les terres évenkes, soumettent les peuples autochtones à l’impôt en fourrure et tentent de les christianiser. Les icônes orthodoxes s’ajoutent aux représentations d’esprits chamaniques, des prénoms chrétiens sont donnés, mais même aujourd’hui le christianisme n’a pas véritablement pénétré les mentalités autochtones. Les Évenks que j’ai rencontrés disent : « Nous ne sommes pas croyants, nous avons la nature qui nous nourrit ! » ou encore « À quoi sert-il de croire, si les Dieux ne vous nourrissent pas ? »

L’installation du pouvoir soviétique, qui a eu lieu chez les Oročon dans les années 1940-1950, a eu pour conséquence la confiscation des rennes domestiques, l’organisation de fermes d’État, dont les nomades devinrent les salariés, la construction de villages et la sédentarisation partielle de la population évenke. Par ailleurs, les Évenks ont été contraints d’intensifier considérablement leur production de chasse et d’élevage, allant ainsi à l’encontre des règles traditionnelles de gestion des ressources naturelles.

Depuis la chute du communisme, les Évenks, livrés à eux-mêmes, retrouvent leurs anciens modes de subsistance. On assiste alors au retour d’une partie des sédentaires à la vie nomade et la majorité des villageois tirent une partie de leurs ressources de la vente des produits de leur environnement naturel. Libérés des obligations liées à l’organisation des unités nomades en brigades de la ferme d’État, les Évenks nomades retrouvent aujourd’hui leurs anciennes techniques de chasse et d’élevage, ainsi que leurs modes de regroupement et de gestion de l’espace physique.

Les Itelmènes (groupe paléo-asiate) : 1 481 personnes, dans le sud-ouest du Kamtchatka, vers la mer d'Okhotsk (okroug autonome des Koriaks).Les Itelmènes (ce qui signifie «habitant du lieu» en langue itelmène) serait la population la plus ancienne du Kamtchatka. Leur territoire s’étendait du cap Lotopka, au sud de la péninsule, à la rivière Tiguil, au nord-ouest jusqu’à la rivière Oukla, au nord-est.

Les Itelmènes construisaient leurs villages sur le bord des rivières, la pêche leur apportant leur principal moyen de subsistance. Plusieurs se trouvaient sur les rives de la Kamtchatka, Elovka, Bolchaya, Bistraya et Avacha ainsi que sur celles de la baie d’Avacha. Dès la débâcle (fonte des glaces) toute l’activité des Itelmènes se trouvait concentrée sur et au bord de l’eau. D’avril à décembre, ils naviguaient à bord de bateaux plats entièrement sculptés et creusés dans du bois de peupliers. S’ils possédaient des filets semblables à ceux des Koriaks, ils établissaient également des barrages pour capturer les poissons, essentiellement des salmonidés. Ils les préparaient de diverses manières : ils en séchaient une partie, l’autre stockée dans des fosses spéciales afin d’être fermentée. Il ne pouvait pas conserver une grosse quantité de poissons car ne possédaient pas de sel. Hormis, la pêche, ils se livraient à la cueillette de plantes médicinales, affaire de femmes, et la chasse (renard, zibeline, mouflon des neiges, otarie de Steller, phoque, loutre de mer), affaire d’hommes. Leurs premiers contacts avec les Russes remontent à 1697, ceux-ci les nommaient les Kamtchadals. Aujourd’hui, dans la région de Tiguil vivent vingt-deux communautés itelmènes qui s’occupent essentiellement de l’élevage de rennes, de la chasse aux mammifères marins et de la pêche.

En 1988, un dictionnaire de la langue itelmène a été édité. Dans le district autonome de Koriakie, elle est enseignée dans trente-deux écoles et à Palana, la capitale locale, elle est véhiculée par la radio et la télévision.
Les Itelmènes sont représentés au sein de l’«association des peuples indigènes du nord, de la Sibérie et de l’Extrème-Orient de la Fédération de Russie» par le «conseil de la renaissance itelmène».

Les Koriaks (groupe paléo-asiate) : 9 242 personnes, oblast du Kamtchatka et okroug autonome des Koriaks (capitale Palana).
Avec les autres peuples du Kamtchatka, ils possèdent une très belle littérature orale (mythes, contes...) ; leur écriture utilise un alphabet inspiré du cyrillique. En voie de sédentarisation mais rebelles à la collectivisation, ils ont conservé, comme les Tchouktches, leur mode de vie traditionnel jusqu'au début du XXe siècle. Les Koriaks sont un peuple du kraï du Kamtchatka (anciennement Koriakie) en Extrême-Orient russe, habitant au sud du bassin de l'Anadyr. Ils sont apparentés aux Tchouktches, notamment de par leur mode de vie (nomadisme, importance des rennes), leur langue et leurs traits physiques. Ils sont aussi apparentés, de façon plus distante, aux Itelmènes.

Les Koriaks nomades sont surnommés les Chavchouvens, ce qui signifie «éleveurs de rennes», et vivent dans la toundra.Le renne leur fournit tout ce dont ils ont besoin pour vivre : ils consomment sa viande, sa peau est utilisée pour la confection de vêtements, ses os rentrent dans la fabrication d’outils, d’articles ménagers divers et sa graisse sert de source d’éclairage. De plus, le renne, qui leur sert de moyen de locomotion, rentre également comme élément de construction de leur habitation mobile : la yaranga.

Les Nénètses (groupe samoyède) : 34 665 personnes, dans les okroug autonomes Iamalo-Nénètses (capitale Salekharde) et Dolgano-Nénètse de Taîmyr (capitale Doudinka) et en Russie européenne (okroug des Nénètses de l'oblast d'Arkhangelsk, capitale Narian-Mar).  Les Nénètses peuplent le nord-ouest de la Sibérie entre la péninsule de Kanin sur la mer Blanche, le delta du Ienisseï, au centre des territoires Samoyèdes et le cours inférieur de l'Oussa, au nord des monts Oural et de Vorkouta. Ils habitent également les îles de l'Océan Arctique et la péninsule de Kola. Administrativement, leur territoire est divisé entre le district de la région de Tioumen et celle d'Arkhangelsk, qui inclut le district autonome de Nenetsie. La superficie totale de ce territoire est d'environ 1 million de km².

Le pays des Nénètses est celui de la toundra et de la forêt de conifères, une terre de pergélisol, avec de nombreuses rivières et de vastes zones marécageuses. Le long des rives de l'Ob, les colonies nénètses touchent la zone de forêt dense de la taïga sibérienne. Le territoire sur lequel les Nénètses sont répartis est désertique et côtier (mer de Barents) au nord de la Russie. Le chef-lieu, Narian-Mar, est situé sur l'estuaire de la Petchora au centre du territoire. La population est estimée à environ 41 302 individus au dernier recensement de 2002.

Trois mille ans avant Jésus-Christ, les Nénètses se seraient détachés du groupe linguistique finno-ougrien. Ils migrèrent progressivement à l’est au contact des peuples turcophones et altaïques, vers 200 avant Jésus-Christ. Une autre hypothèse considère qu’ils seraient partis probablement du sud de la Sibérie pour s’installer au nord de la Russie actuelle au XIIe siècle entre les péninsules de Kanin et de Taïmyr, autour des fleuves Ob et Ienisseï. Certains s’installèrent et formèrent de petites communautés agricoles. Les autres continuèrent à chasser et à élever des rennes, traversant de grandes distances au-delà de la péninsule de Kanin. Les Nénètses, surnommés les Princes de la Toundra car ils règnent sur les steppes et forêts sibériennes, seraient originaires des Monts Saïan de la Sibérie occidentale. Ce peuple se serait mélangé aux aborigènes qui, selon des récits traditionnels, vivaient dans des abris souterrains. Dans la classification des peuples autochtones sibériens, les Nénètses font partie des Ouraliques.  Au Ier siècle de notre ère, ils seraient remontés vers le nord jusqu'à l'Océan Arctique sous la pression des peuples turcophones.

Lors de l'invasion mongole, les Nénètses, ainsi que d'autres tribus du nord-ouest de la Sibérie, payaient des impôts au khanat sibérien de Koutchoum khan. En 1585, les Russes annexèrent ces tribus et imposèrent leurs propres impôts en fourrures. L’influence russe sur les Nénètses débute au XIIIe et XIVe siècles et sera totale au XVIIe siècle. Avec la Révolution russe de 1917, les Nénètses subissent une politique d’assimilation et de collectivisation forcée. Ils sont contraints de renoncer à leur vie nomade en se sédentarisant dans des exploitations agricoles collectives d’État, les kolkhozes. Les enfants sont envoyés à l’école pour apprendre le russe, ce qui a eu pour conséquence la perte de leur langue et la disparition de leur mode vie traditionnel. L’industrialisation sur leur terre a causé de graves dommages environnementaux.

Aujourd'hui, les éleveurs nénètses ont le choix entre la sédentarisation dans une ferme collective et le retour à la vie nomade dans la toundra. Dans le premier cas, ils sont salariés, le troupeau de rennes ne leur appartenant pas. Dans le second cas, ils sont libres et possèdent leur propre troupeau. Ils vivent souvent en communauté composée d'une dizaine de brigades (terme hérité de l'époque soviétique). Chaque brigade comprend 5 à 6 tentes abritant 15 à 20 personnes, souvent d'une même famille, 80 traîneaux, un troupeau de 2 000 rennes, une quinzaine de chiens de berger utilisés pour rassembler les bêtes.

La règlementation soviétique et post-soviétique ne leur permet pas de vivre selon leurs us et coutumes : en 1957, un décret a contraint les Nénètses à rester dans des pensionnats d'état de la naissance à la fin de leur scolarité. Ces enfants ont alors grandi hors de leurs racines. Les règlementations sont également trop restrictives en matière d'établissement. Les Nénètses, comme les autres ethnies minoritaires, bénéficient des aides accordées par l'État russe aux minorités. Ces aides les incitent à la sédentarisation. Les Nénètses font face également à des problèmes quotidiens tels que l'insuffisance d'approvisionnement et de ressources financières et ceux liés à l'alcoolisme et à l'éducation. Ils sont touchés de plein fouet par la crise économique et sociale russe. Les Nénètses souhaitent une approche différente des problèmes écologiques et des besoins de la population. L'activité industrielle se fait souvent au détriment de l'élevage du renne, de la chasse et de la pêche sans aucune compensation. Cela est dû au manque de lois qui défendent les droits des peuples autochtones. La pollution industrielle (notamment nucléaire) se transmet aux Nénètses via les lichens que mangent les rennes. Reste le problème lié à l'exploitation non contrôlée du gaz et du pétrole sur le territoire ancestral des Nénètses. Ce peuple est désormais menacé car vivant sur les plus grands champs pétrolifères mondiaux, enjeux de multiples convoitises.

Les Nganassanes (groupe samoyède): 1 278 personnes (okroug autonome Dolgano-nénètse de Taïmyr).
Ce petit peuple est issu du brassage historique des paléo-asiates, des Toungouses et des Samoyèdes. Circonscrits à la presqu'île de Taïmyr, ils atteignent parfois l'océan lors de leurs transhumances printanières, ce qui en fait le groupe le plus septentrional de la planète (plus nordique que les Inuit du Groenland ou que les Nénètses de Nouvelle-Zemble). Jusqu'à la soviétisation, ils sont restés fidèles à leurs croyances chamanistes;, mais aujourd'hui, "sans écriture, les Nganassanes ne conservent que des bribes de leurs anciennes croyances".

Les Tchouktches (groupe paléo-asiate) :  ( capitale Anadyr). Il existe un groupe maritime (environ 30%), sédentaire, installé sur le littoral de l'Arctique et de la mer de Béring, et un groupe d'éleveurs de rennes, nomades, dont les camps sont éparpillés dans tout le Nord-Est et le Kamtchatka. Les Tchouktches vivent dans le District autonome de Tchoukotka, au Kamtchatka ainsi qu'en Yakoutie. Leur population s'élève à 15.827 personnes (2002). Comme les Koriaks dont ils sont proches culturellement, on distingue chez eux les continentaux, éleveurs de rennes nomades, et les côtiers, chasseurs-pêcheurs sédentaires. L'okroug des Tchouktches, créé en 1930, est aujourd'hui autonome. Dotée d'un alphabet depuis 1932, la langue Tchouktche a donné naissance à une littérature particulièrement riche et possède l'un des meilleurs écrivains russes : Iouri Rytkheou, né à Ouelen. Sédentarisés en kolkhozes dès les années trente, après avoir été privés de leurs moyens traditionnels d'existence, les Tchouktches tentent aujourd'hui de retrouver leur identité. C'est le peuple Tchouktche qui est à l'origine du husky sibérien.

Les Yakoutes (381 922 personnes), habitant la République Sakha (Yakoutie), sont trop nombreux pour faire partie des "petits peuples" sibériens et sont considérés comme une entité à part.

Les Sâmes d'Europe

Les Lapons - ou Sâmes, peuplent les confins nordiques de l'Europe, de la Norvège à la péninsule de Kola. Ils sont aujourd'hui environ 70 000, mais seulement 5 000 d'entre eux vivent en zone arctique. Pêcheurs ou éleveurs de rennes semi-nomades, ils ont cependant souvent intégré les technologies modernes. En Russie, ils ont été forcés à la sédentarisation pendant le période soviétique. Le mode de vie pastoral des Sâmes (ou Lapons) a été, de longue date, influencé par les différents peuples qui ont immigré sur leurs terres : Norvégiens, Finnois (ou Kvènes) et Russes, présents à l'Est depuis plus longtemps encore.
La première tentative d'évangélisation n'a lieu qu'à la fin du XIIIe siècle, en Norvège. Dans le royaume de Suède Finlande, ils n'entrent guère en contact avec le christianisme avant le milieu du XVIe siècle, et plusieurs pasteurs du XVIIIesiècle sont connus pour l'énergie avec laquelle ils combattirent chamanisme et sorcellerie".

Cependant, encore très récemment, les Sâmes respectaient certains tabous, issus du chamanisme. Par exemple, ils ne buvaient pas directement l'eau d'une source ou d'un cours d'eau, mais utilisaient une "paille" en os ; et, en famille, seul le père préparait la viande et le poisson.  Aujourd'hui, forcés de s'intégrer aux États dont ils sont citoyens, les Sâmes souffrent souvent de l'abandon de leur mode de vie ancestral et s'insurgent contre des lois qui tendent à les faire vivre en "réserves". Il n'empêche qu'en quelques générations, ces populations "sont passées d'un mode de vie quasi préhistorique de type subarctique à la civilisation la plus moderne". Ce qui fait preuve d'une extraordinaire capacité d'adaptation.



Les peuples du détroit de Béring

Présents sur l'archipel des Aléoutiennes et les îles Pribilof, Saint George et Saint Paul, les Aléoutes ont été ballottés par l'histoire, entre Russie et Etats-Unis. Aujourd'hui, ils sont environ 2 000, parlant surtout américain mais pratiquant toujours la pêche et la chasse en mer. Sur le continent, des tribus amérindiennes (Cree, Déné, etc.) vivent aussi jusqu'aux limites de la toundra.

ALÉOUTES (groupe eskimo-aléoute)

Il semblerait que les Aléoutes et les Inuits descendent d'une lointaine population commune. Ils seraient venus d'Asie à une époque postérieure aux ancêtres des Amérindiens, hypothèse confirmée par l'absence de parenté de leurs langues avec les langues amérindiennes.

Lors de fouilles sur l'île d'Anangula, située à l'extrémité orientale des Aléoutiennes, on a découvert des indices permettant de penser que les Aléoutes descendent d'un groupe venu de Sibérie vers -8000. De -2000 à -1000, la culture aléoute s'est développée graduellement pour aboutir à la culture historique.

Les Aléoutes furent en contact avec les Russes dès la fin du XVIIIe siècle (les îles Aléoutiennes et l'Alaska étaient alors des possessions russes). Des postes côtiers furent créés en 1784 à Attu, Agattu, Unalaska et sur l'île Kodiak ; ces colonies étaient gérées par la Compagnie russe d'Amérique. Après l'arrivée de missionnaires à la fin du XVIIIe siècle, beaucoup d'Aléoutes devinrent chrétiens en rejoignant l'Église orthodoxe russe. En particulier, une mission fut fondée sur l'île Kodiak en 1794, où fut construite une école bilingue russe et aléoute. Le premier saint orthodoxe d'Amérique, nommé saint Germain de l'Alaska et canonisé en 1970, a vécu de 1808 à sa mort en 1837 sur l'île aux Sapins (proche de Kodiak) aux côtés des Aléoutes. Un des premiers martyrs chrétiens d'Amérique du Nord fut saint Pierre l'Aléoute, qui a été tué à San Francisco (Californie) en 1815 parce qu'il ne voulait pas abandonner sa foi chrétienne orthodoxe. Il fut canonisé en 1970 par le Synode de l'Église orthodoxe russe hors frontières. Les missionnaires rapportèrent que les employés de la Compagnie russe d'Amérique réservaient un traitement brutal et méprisant aux indigènes.

On a estimé le nombre d'Aléoutes avant l'arrivée des Russes à 25 000. Mais la barbarie des colons et les maladies qu'ils ont importées a divisé ce nombre par dix. Ce déclin s'est poursuivi, et il restait à peine 1 491 Aléoutes lors du recensement de 1910. Aujourd'hui on ne compte que 2 200 Aléoutes. Une poignée d'habitants s'accrochent aux terres ancestrales et s'efforcent de défendre la culture aléoute.
En 1942, les Japonais occupèrent les îles d'Attu et Kiska dans l'ouest des îles Aléoutiennes, et déportèrent par la suite les habitants d'Attu à Hokkaido en tant que prisonniers de guerre. Des centaines d'autres Aléoutes de l'ouest et des îles Pribilof ont été évacués par le gouvernement des États-Unis pendant la Seconde Guerre mondiale et placés dans des camps d'internement dans le sud-est de l'Alaska. Beaucoup y moururent. L'Aleut Restitution Act de 1988 peut être considéré comme une tentative du Congrès des États-Unis de dédommager les survivants.Malgré les influences extérieures, les Aléoutes ont conservé un mode de vie traditionnel jusqu'au début du XXe siècle. Les Aléoutes ont eu de nombreux chefs et un régime matrilinéaire.

Les Aléoutes habitaient des barabaras, de vastes maisons semi-souterraines. Lillie McGarvey, un chef aléoute du XXe siècle, a écrit que ces habitations « gardaient les occupants à l'abri des pluies fréquentes, étaient tout le temps chaudes, et bien abritées des vents forts particuliers à cette zone ».

Les Aléoutes pêchaient et chassaient les mammifères marins, tels que les loutres, les otaries et les baleines. La chasse était précédée de rites ancestraux trouvant leur source dans la mythologie aléoute. Les chasseurs se déplaçaient en baïdarkas, les kayaks locaux, adaptés aux conditions de navigation très difficiles des îles Aléoutiennes. Ils utilisaient divers harpons garnis de flotteurs et parfois pourvus d'un propulseur. Leur technique de chasse à la baleine les rendit célèbres : ils harponnaient l'animal depuis leurs baïdarkas et anticipaient son lieu d’échouage.

La fabrication d'armes, la construction de bateaux et le tissage font partie des arts traditionnels aléoutes. Les artisans du XIXe siècle étaient connus pour leurs chapeaux en bois décorés en forme de cône asymétrique dotée d'une grande visière protégeant les yeux. Ces coiffes comportaient des dessins raffinés et colorés et pouvaient être ornés de moustaches d'otaries, de plumes et d'ivoire. Les couturières créaient des parkas imperméables finement cousues à partir de boyaux de phoques (kamleikas); certaines femmes maîtrisent encore l'art du tissage de paniers à partir de seigle et d'herbe poussant sur le rivage. De nos jours, les Aléoutes vivent essentiellement de la pêche commerciale. Ils pratiquent également la chasse au phoque.



-INUPIATS

Les Iñupiat (au singulier : Iñupiaq ; au duel, Iñupiak ; mot formé sur l’inuite iñuk-piaq « vraie personne ») ou Inupiks sont un peuple d’Alaska vivant dans les boroughs de Northwest Arctic et North Slope au large du détroit de Béring. Barrow, la ville la plus septentrionale des États-Unis, se trouve sur leur territoire. Leur langue, l’iñupiaq, est un rameau des langues eskimo-aléoutes ; la culture iñupiat est perpétuée par le lycée d’Iḷisaġvik.

La subsistance des Iñupiat repose encore aujourd’hui fondamentalement sur la chasse et la pêche, et particulièrement la pêche à la baleine. La prise de baleine est l'affaire de la communauté : l’animal est découpé collectivement, la viande et la graisse faisant l'objet d'un partage dont les règles sont fixées par la tradition. Même des membres de la famille vivant à des milliers de kilomètres ont droit à une part du gibier de leur village d’origine. Le maktak, mot désignant la chair et la graisse de baleine, est riche en vitamines A et C1,2 : il s’agit d'un aliment vital pour des populations ne pouvant disposer de fruits ou de légumes.

Ces dernières années, le pétrole et les ressources minières ont constitué une source de revenu importante pour ces Aléoutes : ainsi l’oléoduc trans-Alaska relie les puits de Prudhoe Bay à Port–Valdez sur la côte méridionale de l’Alaska ; mais la pêche traditionnelle des cétacés entre désormais en conflit avec les besoins des sociétés modernes3, et les Iñupiat ont pris conscience des menaces que le changement climatique fait peser sur leur mode de vie. Le réchauffement de l’Arctique affecte en effet leur société à bien des égards : par exemple, le recul de la banquise complique la chasse de la baleine à bosse, des otaries, du morse et des autres proies traditionnelles ; les hivers plus chauds rendent les marches à longues distance plus aléatoires et donc plus dangereuses ; le retard des glaces contribue à aggraver les crues et l’érosion des côtes, menaçant de nombreux villages. L’Inuit Circumpolar Council, qui regroupe les peuples indigènes de l’Arctique, a dénoncé l’aggravation du changement climatique comme une atteinte à leurs droits.
Les tribus d’Iñupiat, comme d’autres groupes aléoutes, portent souvent un nom finissant en « –miut », suffixe qui signifie « peuple de » : ainsi Nunamiut est un terme générique qui désigne les Iñupiat continentaux chasseurs de caribou. À la suite d’un épisode de disette et de grippe (importée par les chasseurs de baleine américains et européens4), ils avaient migré pour la plupart vers les côtes et d’autres régions de l’Alaska entre 1890 et 1910 ; mais plusieurs tribus Nunamiuts ont regagné les montagnes dans les années 1930. En 1950, la plupart des tribus Nunamiuts, comme les Killikmiuts, s'étaient réfugiées dans la vallée d’Anaktuvuk, village du centre-nord de l’Alaska. Certains Nunamiuts ont conservé un style de vie nomade jusque dans les années 1950.

Les Iuit (ou Yuit ou Yupik) (groupe eskimo-aléoute) : 1 719 personnes, à l'extrémité de la presqu'île de Tchoukotka (île St Laurent et Alaska centrale) ; parents directs des Inuit d'Amérique. Certains groupes, vivant dans la zone sensible de la frontière USA URSS, ont été déportés vers les années cinquante hors de leur village de pêcheurs (Grande Diomède, Naoukane, Ounazik...) et tous ont dû se plier à la réalisation de plans quinquennaux (quotas fixes de prises d'eiders, de phoques...), si loin de leur mode de subsistance traditionnel.

LE SAVIEZ-VOUS ?  
- Dans les îles arctiques, un site datant d'environ 8 000 ans a été récemment reconnu. Il se situe à 76° de latitude nord, sur l'île Jokhov, dans l'archipel De Long, dans le nord des îles Novossibirsk. C'est le site archéologique le plus septentrional découvert à ce jour.
- Découverte en 1997, une famille dolgane a découvert au cours d'une campagne de chasse une paire de défenses de mammouth dépassant de 50 centimètres de la surface gelée du sol. La presqu'île de Taymir, est d'ailleurs considérée comme l'un des plus grands cimetières de mammouths laineux.
- Aujourd'Hui, les kolkhozes de poissons où les Nénètses remettaient leur pêche contre un salaire fixe ont fermé. Quant aux Tchouktches, ils reprennent la chasse à la baleine et au morse afin de pallier les carences de l'État Russe, qui n'assure plus leur ravitaillement.
- La Fédération de Russie - la CEI - est divisée en différents "sujets" politiques et administratifs. Les entités suivantes bordent l'océan Arctique et représentent 4 289 000 habitants, dont 3,7 millions pour les deux seules régions de Mourmansk et d'Arkhangelsk, en Russie d'Europe : la république de Sakha-Yakoutie (la plus vaste : 3 OOO OOO km2 mais à peine 1 OOO OOO d'habitants, dont 39 % d'autochtones); les okrougs Iamalo-Nénetse, Nénetse, Taïmyr et de Tchoukotka et les oblast de Mourmansk et d'Arkhangelsk.


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