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Hadrian. Empire and Conflict

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Hadrian. Empire and Conflict

Message par Cyrille C. le Jeu 07 Aoû 2008, 21:17

Hadrien superstar


Source : www.lepoint.fr (Christophe Ono-dit-Biot)

A Londres, au British Museum, une exposition passionnante ressuscite la figure du plus « mondialisé » des empereurs romains, lettré, homosexuel et auteur du premier génocide de l'Histoire. En attendant le film épique de John Boorman, avec Daniel Craig dans la toge impériale, l'énigme perdure.

«Il avait le background militaire de McCain, mais poursuivait la politique diplomatique d'Obama. » Thorsten Opper, le commissaire de l'exposition, ose la comparaison. Furieusement actuel, en effet, cet Hadrien qui commença sa carrière politique en retirant ses troupes d'Irak, pardon : de Mésopotamie. Nous sommes en 118 après J.-C. Adopté par Trajan à la mort de son père, né en 76 dans le sud de l'Espagne, celui qui fut le premier des empereurs romains à porter la barbe est aussi le premier à comprendre que l'Empire romain, qui s'étend du Sahara à l'Arménie et de la mer d'Irlande à l'Euphrate, est beaucoup trop instable, et qu'il faut le borner. Décision de poids qui en dit long sur le pragmatisme politique de cet homme que les rêveries de Marguerite Yourcenar, dans « Mémoires d'Hadrien », nous ont habitué à fantasmer en esthète inconsolé pleurant ad vitam æternam son défunt Antinoüs. Pour bien fixer les frontières de l'Empire-le fameux limes-, il fait bâtir en Ecosse son célèbre « mur », hérissé de 14 forts et de 80 tours, long de 100 kilomètres et destiné, dixit les historiens latins, « à séparer les Romains d'avec les Barbares ». Inlassable voyageur, cet empereur mondialisé dit souvent : « Je n'ai pas le temps. » Un héros de notre temps ? Directeur du British Museum, le très francophile Neil MacGregor offre une réponse : « Cet Espagnol qui devint empereur romain est le leader surpranational d'un empire supranational. C'est évidemment très moderne. Cette exposition est d'ailleurs, aussi, une exposition sur la notion de pouvoir, sur le coût du pouvoir, souvent payé par les individus. » Les juifs s'en souviennent. En 132, furieux de voir Hadrien, qui leur a interdit la circoncision, refaire de Jérusalem une colonie romaine baptisée Ælia capitolina, ils se révoltent et se liguent derrière leur leader, Simon Bar Kokhba, le « Fils de l'étoile » en araméen. L'exposition montre un joli miroir de femme, retrouvé dans une grotte près de la mer Morte, où les rebelles s'étaient réfugiés. Trois ans et demi pour mater la révolte. 180 000 morts, selon l'historien romain Dion Cassius. Souvenir si atroce que le mot hébreu kalgas , qui signifie « soldat sanguinaire », et que les juifs appliqueront dix-huit siècles plus tard aux nazis, dérive de caliga , la sandale romaine... Pour mieux les punir, Hadrien change le nom de « Judée » en « Syrie-Palestine ». « Que tes os pourrissent », répondent les juifs. « Un des premiers génocides de l'Histoire », lance MacGregor, dynamitant le portrait d'Hadrien en esthète.

Il le fut aussi, pourtant. Se faisant bâtir, à Tivoli, près de Rome, sa célèbre villa. Destinée à accueillir le gratin de l'Empire, mais aussi les innovations architecturales de ce prince passionné par les volumes, qui ajouta un dôme au célèbre Panthéon de Rome. La maquette de la demeure, la plus grande jamais bâtie dans le monde romain avec quelque 900 chambres, renvoie immédiatement nos people et leurs « maisons de stars » au rang de gentils propriétaires de F2. Lettré aussi, cet Hadrien, qui écrivit ses Mémoires (les vrais, malheureusement perdus), composa sa propre épitaphe en vers (ils inspirèrent Ronsard) et fut le seul empereur romain à poser en manteau grec, peuple dont il aimait tellement la sophistication qu'on le surnommait « Græcule », c'est à dire « petit Grec ».

Quid d'Antinoüs ? L'exposition lui accorde une grande place. Méritée tant ce natif du nord de la Turquie fit tourner la tête de l'empereur qui, à sa mort, le fit diviniser. Sans, du tout, scandaliser. En latin, il n'y a pas de mot pour « homosexualité », et tant que l'homme romain est actif, sa virilité n'est nullement mise en cause, bien au contraire. Dans le petit peuple, le culte du mignon rivalisera avec le christianisme. Dans les provinces romaines, les sénateurs organisent des « fêtes Antinoüs » pour exprimer leur loyauté à cet imperator gay.

« En exploitant sa vie intime à des fins politiques, Hadrien est là aussi précurseur », dit encore MacGregor. A voir les statues du jeune homme, et les peintures égyptiennes de l'époque qui le posent en lanceur de tendances dans la jeunesse locale (la mode des cheveux bouclés et volumineux, c'est lui), il est évident qu'Antinoüs, grand amateur de chasse au lion, était une sacrée beauté. Malheureusement noyée dans le Nil, en 130, au cours d'un voyage avec Hadrien... et sa femme Sabina. Accident ? Le giton, indique l'exposition, aurait pu se suicider pour prolonger la vie de son impérial amant, qui s'adonnait avec lui à la magie, et s'était fait initier aux très underground mystères d'Eleusis. On n'en a donc pas fini avec l'énigme Hadrien. Il y a un an tout juste, alors que l'exposition du British Museum était déjà planifiée, l'empereur est même réapparu à Sagalassos, en Turquie. Sous la forme d'une tête, d'un genou et d'un pied monumentaux, qui ouvrent l'exposition. Même plus besoin de Daniel Craig pour faire parler de lui.

« Hadrian. Empire and Conflict », au British Museum, jusqu'au 26 octobre 2008. www.britishmuseum.org.

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Re: Hadrian. Empire and Conflict

Message par Cyrille C. le Jeu 07 Aoû 2008, 22:57



D'autres vidéos sont disponibles sur le site (The British Museum)

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