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1 Actualité (Turquie) le Mer 17 Sep 2008, 00:11

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Des archéologues sur les traces du Grand Palais de Constantinople


Source : http://www.cyberpresse.ca/article Le 23 mai 2008


Après plusieurs siècles d'oubli dans les profondeurs souterraines d'Istanbul, le mythique Grand Palais, d'où les empereurs romains et byzantins dominèrent le monde méditerranéen, a en partie refait surface au terme d'une campagne de fouilles débutée 11 ans plus tôt.

Fondé par Constantin Ier (274-337) quand il fit de Byzance -rebaptisée Constantinople- la capitale de l'empire romain, puis agrandi par ses successeurs, le Grand Palais constituait un gigantesque complexe s'étageant sur six niveaux et dix hectares de la basilique Sainte-Sophie à la mer de Marmara.

De ces dizaines de palais, salons et églises définitivement abandonnés par les Basileus byzantins au XIIIe siècle pour cause de délabrement, ne restaient pourtant visibles que quelques mosaïques exposées dans un musée et quelques murs en déshérance éparpillés dans le quartier populaire de Cankurtaran.

Travaillant depuis 1997 sur un ancien terrain militaire de 17 000 mètres carrés à quelques pas de Sainte-Sophie, les archéologues, une équipe d'une vingtaine d'experts secondés par plusieurs dizaines d'ouvriers, ont exhumé à grand peine une partie du Grand Palais remontant à Constantin Ier.

«Le niveau du sol ici s'est beaucoup élevé. Rien que dans les 70 ou 80 dernières années, il a gagné un mètre et demi à deux mètres. Pour atteindre les strates byzantines, il nous a fallu creuser jusqu'à sept ou huit mètres de profondeur», a expliqué à l'AFP l'archéologue Mehmet Ayranci.

«Cela a compliqué notre travail, d'autant que nous devons creuser sur des espaces très réduits, entre les murs du Palais de justice» ottoman construit en 1854 sur le site, puis ravagé par un incendie en 1933 mais dont les imposantes fondations en pierre s'encastrent dans les vestiges byzantins, a-t-il ajouté.

Parmi les trouvailles figurent la Chaldkè, porte monumentale et unique voie de communication entre le palais et le monde extérieur, des salles voûtées du Palais de Constantin, des thermes, des fresques datant des VIIe et IXe siècles, des mosaïques du Ve siècle, les restes d'une église et quelque 60 squelettes.

Le site devrait être ouvert d'ici la fin de l'année au public, qui pourra selon M. Ayranci déambuler au dessus des vestiges via un réseau de passerelles.

Si les chercheurs ont levé un coin du voile, l'essentiel du Grand Palais demeure entouré de mystères, dont quelques initiés -et quelques chercheurs de trésors- s'efforcent de déchiffrer les arcanes.

En 18 ans passés au chevet du palais, l'historienne italienne Eugenia Bolognesi a visité toutes les caves, remises et autres anfractuosités potentiellement historiques du quartier.

Sous sa conduite, on découvre au détour d'un anodin bosquet un réseau de souterrains qui reliaient le port impérial du Boukoléôn, sur la mer de Marmara, à Sainte-Sophie, la voute à demi-enterrée d'une église du VIe siècle, ou encore dans la cave d'un vendeur de tapis une fontaine sacrée couverte de fresques.

Des fragments d'histoire par dizaines qui attendent d'être explorés par les archéologues.

«À Rome, tout est prêt, tout est clair, tout est là mais à Constantinople tout est vraiment tourmenté, passionnant, énigmatique. Je pense que c'est vraiment la clé pour apprécier le palais», commente Eugenia.

La chercheuse et son association Istanbul-Palatina rêvent d'un parcours qui conduirait les touristes d'une maison à une autre, permettant de préserver les vestiges du Grand Palais tout en donnant de quoi vivre aux habitants du quartier.

«Avec Istanbul comme capitale européenne de la culture 2010, je pense qu'il y aura d'avantage de possibilités pour explorer cette partie de la ville», espère-t-elle.

Why so serious ?...

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